Boy Erased (2018)

Devenez l’homme que vous n’êtes pas.

Victor Sykes, le thérapeute en chef (Joel Edgerton)

Réalisateur : Joel Edgerton, qui est aussi à l’origine du scénario d’après les mémoires Boy Erased : A Memoir de Garrard Conley sorti en 2016. Il s’agit de son deuxième film après The Gift en 2015.

Musique : Jonny Greenwood, musicien et guitariste du groupe de rock Radiohead. Il est connu pour avoir aussi écrit la bande son du film We Need to Talk about Kevin.

Acteurs : Lucas Hedge (Jared Eamons), Russel Crowe (Marshall Eamons), Nicole Kidman (Nancy Eamons), Joel Edgerton (Victor Sykes). Ce sont les principaux acteurs du film. J’ai pourtant remarqué quelques acteurs que je connaissais de visage comme Joe Alwyn jouant le personnage d’Henry qui prêtait ses traits au fils d’Adolf Reichmann dans d’Opération Finale. Coïcidence de malade ! Ensuite il y avait Cameron que j’ai pensé reconnaître comme quelqu’un que j’avais déjà vu dans un film… mais il s’avérait que je ne le connaissais pas du tout ! Il n’a qu’à son actif seulement deux films : Boy Erased et Jet Lag, inconnu pour moi donc.

Genre : Film dramatique bibliographique

Synopsis : L’histoire de Jared, fils d’un pasteur dans une petite ville américaine, dont l’homosexualité est dévoilée à ses parents à l’âge de 19ans. Jared fait face à un dilemme : suivre un programme de thérapie de reconversion – ou être rejeté pour toujours par sa famille, ses amis et sa communauté religieuse.
BOY ERASED est l’histoire vraie du combat d’un jeune homme pour se construire alors que tous les aspects de son identité sont remis en question.

Ma note : 7/10


Mon Avis

Le film a été pour ma part très bouleversant. J’ai ressenti du dégoût, de la tristesse et de l’étonnement. Aucune joie ; il suffit de regarder de quoi parle le film et on comprend tout de suite que cela ne sera pas joyeux. L’affiche même en dit plus que l’on ne croit : Jared est la seule personne éclairée comme étant dans sa propre solitude, désarmé face à ses deux parents qui lui tournent le dos. On sait d’emblée que la situation concernant leur fils ne leur plaît guère.

J’ai été très étonnée et dérangée de voir à quel point les centres de reconversion sont atroces dans le sens immoral. La citation que j’ai mise au tout début reprend dans sa globalité l’idée que se font les gens persuadés que d’être gai est contre nature ; qu’être attiré par une personne de même ne dure qu’un bref instant. En gros le but est de devenir l’homme ou la femme que l’on doit être et non pas celui ou celle que l’on ne devrait pas être.

Le jeu des acteurs est assez variable. Avec un couple comme Nicole Kidman et Russel Crowe on s’attend bien sûr à du gros, mais ici c’est tout juste moyen. Nicole remplit bien son rôle de mère qui aime son fils et qui l’aide coûte que coûte, c’est elle notamment qui épaule son fils et reste auprès de lui à l’hôtel pendant qu’il est au centre la journée. Russel Crowe remplit lui aussi son rôle de père pasteur baptiste qui n’accepte pas que son fils soit gai. La scène finale entre lui et son fils m’a beaucoup ému. C’est peut être l’un des seuls passages où j’ai failli tiré une larme. Son jeu était assez convaincant pour un père qui aime malgré tout son fils derrière cette façade de pasteur très croyant.

Nicole Kidman et Russel Crowe interpétant les parents de Jared

Chaque jour Jared subit des épreuves que je trouve assez troublante et honteuses. Après je ne peux pas juger de la véracité des faits dans les véritables centres car je suis pas assez renseignée pour pouvoir dire si le film décrit des moments trop violents ou au contraire pas assez violents. Du coup pour moi ça passe. Je suis pourtant choquée par deux scènes dont une qui se passe avant qu’il intègre le centre, quand il est à l’université et qu’il rencontre un gars qui s’appelle Henry. Pour moi c’est une scène dégoutante et violente qui est importante car je pense que c’est l’élément déclencheur de son coming out. Puis il y a une deuxième scène qui est loin d’être violente, mais elle est assez perturbante quand on sait que la réalité peut être à l’image de cette scène. De là on part sur le principe que les américains sont dingues ! XD

Ici le cinéma nous fait carrément ouvrir les yeux ! Il se bat pour la communauté LGBT afin de délivrer ce message pure et simple : « Tu n’es pas seul ». Ce film adapté d’une histoire vraie est très touchant au final malgré les deux passages qui sont pour moi choquants. J’ai passé un bon moment mais sans plus. Je salue la bonne mise en scène qui est figée sur des flashbacks sans arrêt pour que l’on comprenne bien le déroulement de l’histoire.

Je pourrai faire par ailleurs deux petits reproches au film. D’une part, on ne voit pas comment Jared est devenu homosexuel, même si ce n’est qu’un léger détail. D’autre part, le deuxième garçon Xavier qui est dans sa liste « immorale » n’apparaît pas beaucoup dans son histoire. Je ne vois pas l’intérêt de le montrer, car ça dure seulement 10 minutes. Le film nous montre juste en fait qu’il s’agit d’un flirt qui l’invite dans sa chambre lors d’une soirée et qui lui propose au final de dormir chez lui sans rien tenter. D’un côté je préférais ça à une scène de sexe car cela aurait pas collé avec son humiliation qui lui ait arrivé auparavant (la scène choquante dont je vous ai parlé). D’un autre côté autant ne rien montrer du tout, car cela n’ajoute rien à l’histoire.

Bref, politiquement parlant ce film est très intéressant et touchant car il s’agit d’une cause qui parle à tout le monde et qui est d’actualité. Et je reste plutôt mitigée d’un point de vue scénario, mise en scène et jeu des acteurs. Ca aurait pu être mieux même si c’est déjà très bon.


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🦉 Salut, moi c’est Magali. Bienvenue à toi ! Blogueuse littéraire et addict des séries et films, je vous partage avec grand plaisir mes coups de coeur et mes déceptions 💗